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Témoignage de Mission à Brazzaville

Je m’appelle Jean, j’ai 21 ans et j’ai quitté la France il y a environ un mois déjà, pour partir en mission de volontariat solidaire au Congo, à Brazzaville. L’association française de volontariat dominicaine, Dom&Go, m’a proposé de partir cinq mois aider à la gestion d’un dispensaire, tenue par les sœurs dominicaines. Je cherchais justement à effectuer un stage qui aurait du sens à mes yeux pour ma formation en école de commerce. Donc ça a matché !

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L’équipe des volontaires Dom&Go après la messe d’envoi, avant le grand départ en mission.

 Les sœurs dominicaines de Brazzaville, qui tiennent le dispensaire St Martin, ont fait un partenariat avec le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR), afin de prendre en charge les soins des réfugiés. Cela nécessite un suivi important, pour assurer les soins primaires au dispensaire, organiser les hospitalisations de ceux qui ont besoin de soins hospitaliers et aller les visiter dans les hôpitaux de la ville, gérer les urgences médicales et leur fournir des médicaments. Ma mission, telle que fixée avant mon départ, était d’assurer la traçabilité des médicaments distribués aux réfugiés.

En m’appuyant sur le travail fait par Marie, une autre volontaire Dom&Go avant moi, j’aide l’un des employés du dispensaire à assurer ce suivi des médicaments, en continuant à le former aux outils informatiques. Au bout de deux semaines, alors que je commençais à prendre mes marques, les sœurs m’ont demandé d’assurer la fonction de chargé de la gestion financière et administrative. Waouh, je ne m’attendais pas à une promotion si rapide ! Et en même temps, cela me donne plus de travail et de responsabilité, puisque je surveille désormais plus seulement les médicaments, mais aussi le budget. C’est aussi ça la mission, accepter de s’abandonner à la Providence et laisse l’Esprit-Saint chambouler ses plans !

 C’est un peu une nouvelle vie cette mission pour moi. La sensation de n’être connu par personne et de faire un tas de rencontres, se familiariser avec un nouveau cadre de vie, prendre ses petites habitudes dans le quartier, partir explorer les coins intrigants et fascinants de la ville, faire connaissance avec le dispensaire et les malades qui le fréquentent. Je m’habitue aussi à la vie des sœurs dominicaines, rythmée par le travail et les offices, puisque je loge dans leur couvent. C’est quand même une sacrée expérience de passer cinq mois en immersion dans un couvent de religieuses ! 

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            La salle d’attente du dispensaire où attendent les réfugiés.

J’apprends beaucoup au cours de cette mission. D’abord sur le plan professionnel, je ne pense pas que j’aurai pu avoir autant de responsabilités dans un stage plus classique en entreprise. Comme quoi, le volontariat peut être une super piste de stage !

La culture congolaise est un autre grand enrichissement de cette mission. Parfois je me demande si je ne suis pas sur une autre planète. Mes papilles gustatives découvrent de nouveaux goûts et de nouvelles saveurs. J’ai eu la chance d’assister à une soirée de catch congolais, c’est une activité typique du Congo. Ou encore le week-end dernier, j’étais à un mariage traditionnel, invité par un ami des sœurs. Le dépaysement était total, rien à voir avec nos mariages occidentaux. J’étais fasciné et émerveillé par toutes les traditions, qui traduisent les valeurs importantes de la culture et des mentalités.

Les modes de vie aussi sont bien différents. Beaucoup de choses sont communes du fait de la mondialisation, mais le Congo, qui reste un pays en développement, traverse actuellement une crise économique important. Donc il y a tout de même un écart de niveau de vie. C’était d’ailleurs un souhait de ma part de quitter mon confort d’étudiant parisien, qu’il soit matériel, affectif, etc. à un moment de ma vie où je suis complètement libre de le faire. C’est aussi une période où je suis en pleine construction, où j’essaie de bâtir sur le roc. J’espère que changer de repères, l’ouverture à une nouvelle culture et abandonner un certain confort m’aidera à me rendre compte de ce qui est essentiel à mes yeux et ce sur quoi je veux m’appuyer pour construire ma vie future.

Malgré les difficultés que je peux rencontrer, cette mission est empreinte d’une profonde joie. Me mettre au service, transmettre ce que j’ai eu la chance de recevoir au cours de mes études, donner gratuitement cinq mois de ma vie, me rend heureux. Je pense que c’est en se tournant vers les autres que l’on trouve la vraie joie.

Ça peut paraître un peu fou de partir comme ça sur un autre continent pour un stage, avec une culture aux antipodes de la sienne. C’est un peu impressionnant quand même. Mais avec un peu de recul, je me rends compte que partir, c’est facile. Le jour du départ, je me sentais comme porté, complètement insouciant des conséquences de ce que je faisais. Et puis on voit cela si souvent dans les films ou dans les récits d’explorateurs et d’aventuriers, tout quitter et partir à l’autre bout du monde, ça fait rêver.

En réalité, la grandeur de la mission est invisible, elle se révèle dans les petits actes du quotidien : comment je m’efforce de donner le meilleur de moi-même dans chacune des tâches que l’on me confie, alors que je pourrais me contenter du moindre effort ; comment je m’efforce d’aimer tous les réfugiés que nous recevons alors qu’ils critiquent notre travail parce qu’ils aimeraient qu’on leur donne plus, mais que nous n’avons pas assez de moyens ; comment j’apprends à rester disponible à l’imprévu, parce que de toute façon j’ai décidé de donner ces cinq mois gratuitement pour servir...

Bref, je suis très heureux d’avoir été assez fou pour oser l’aventure de la mission solidaire ! 

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Jean Hannecart

 
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